“ARCHIVE MOI !” Dans les classeurs du Marché Gare 2006-2020

 

Pendant toute l’année 2021, on fouille dans les classeurs de votre salle de concerts préférée. Vous avez envie de nous raconter une anecdote pour “Archive Moi !”, c’est par ici.

 

🎤 Les artistes : Oiseaux-Tempête, Blackthread.

 

📌 Date : 12 Mai 2017

 

 

— Bio express —

 

OISEAUX-TEMPÊTEprésentation dans Soul Kitchen lors d’une interview réalisée en mars 2017

“Tout comme Fernand Braudel, Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul ont une héroïne : la Méditerranée. L’œuvre d’Oiseaux-Tempête s’inscrit dans un temps long. Après avoir séjourné dans une Grèce foudroyée par la crise économique, après avoir fait une hale dans la Turquie d’Erdogan, les Oiseaux-Tempête se sont posés au Liban pour écrire AL-‘AN leur nouvel album. Ce dernier est l’image de Beyrouth et de la situation géopolitique de la région : magnifique et complexe.”

 

Pour ce concert, Oiseaux-Tempête était accompagné de “guests” de choix : G.W.Sok (The Ex), Mondkopf, les VJ As Human Pattern, ainsi que trois artistes libanais Charbel Haber, Abed Kobeissy et Ali El Hout de Two or the Dragon.

 

 

BLACKTHREAD, présentation officielle du concert

“Laissant de coté le son post punk et la noise de ses débuts, Pierre G. Desenfant, entouré de nouveaux outils, écrit avec Blackthread, un nouveau vocabulaire, une musique cathartique et singulière, faite de silence et de tension, d’ombre et de lumière. Spoken words, murmures et explosions sonores, ce disciple de Brian Eno, Silver Apples ou Alva Noto écrit une techno sans beats, un rock sans guitare, une ambiant rehaussée de textes à la beauté glacée.”

 

 

— Le souvenir —
Par Frédéric D. Oberland, pluri-instrumentiste dans Oiseaux-Tempête.

 

Même si c’est loin dans la mémoire — 4 ans et d’autres odyssées depuis — comment ne pas oublier cette date au Marché Gare en mai 2017 ? C’était le dernier show d’un premier bout de tournée pour la sortie de “AL-‘AN!“, notre disque enregistré en partie à Beyrouth. Bien épaulés par notre tourneur AFX, nous avions réussi à faire venir par ici une partie de l’équipe libanaise pour une résidence à l’Autre Canal de Nancy puis un tour en « grand ensemble » : sur scène huit musiciens (Abed, Ali, Charbel, G.W.Sok, Mondkopf, Sylvain, Stéphane et moi), le duo de vidéastes As Human Pattern et nos ingés-son en alternance Romain Poirier et Benjamin Pagier. Deux camions sur la route, ambiance grand (grand) fun sur scène et en dehors, un énorme plaisir à se retrouver pour cette nouvelle aventure, à jouer tous ensemble, à faire la fête jusque pas d’heure… On avait imaginé une setlist qui ouvrait la possibilité à chacun d’entre nous des moments de solo très ouverts et une grande dynamique, aussi bien pour la musique que pour l’image. À autant, il faut savoir faire de la place, écouter, se faufiler comme faire bloc… Chaque soir était différent, toujours super intense, et l’accueil du public très généreux.

 

Au Marché Gare, c’était un peu spécial : on y retrouvait toute l’équipe de AFX, nos amis lyonnais, et Stéphane y a quasi de la famille. C’était la dernière du tour et dans mon souvenir on a bien lâché les chevaux, avec des versions de “Carnaval” et “Through The Speech Of Stars” complètement perchées… Pierre aka Blackthread avait démarré la soirée avec un set super émouvant, nous faisant la surprise à Stéphane et à moi de jouer deux nouveaux morceaux qui empruntaient des éléments musicaux à chacun d’entre nous. C’était bien fort : un truc d’amitié, de musique, de strates de temps qui se mélangent, en suspension… Puis tout s’accélère d’un coup dans ma tête, je me rappelle la dernière partie de babyfoot dans les loges, de grands éclats de rires, un couloir, la montée d’adrénaline. La décharge d’énergie avec une section rythmique en transe et un sentiment que quoique tu tentes ça rentre dedans. Overplay et sourires béats. La grande fête derrière une fois le matos rangé et les vans garés au cordeau en marche arrière dans une cour des pentes, la dérive dans plusieurs bouges de nuit aux noms oubliés, le retour en taxis van dans un AirB’n’B en banlieue de Lyon où nous attendaient un chien-loup, une piscine pour scaphandrier et une vieille dame qui épluchait ses radis. D’anthologie.

 

Depuis, un double album live est sorti lié à cette tournée, “TARAB” (qui signifie “extase”) chez Sub Rosa en 2018. “Khamsin”, un film réalisé par les deux Grégoire de As Human Pattern, lié à nos pérégrinations et à la scène underground libanaise, a été primé dans plusieurs festivals (Toronto Film festival, F.A.M.E). Oiseaux-Tempête a continué de tourner en Europe et nous sommes retournés au Liban pour clore la boucle au festival Irtijal. De là, à l’invitation de Radwan de Jerusalem In My Heart, nous sommes allés à Montréal enregistrer la suite à l’Hotel2Tango : “From Somewhere Invisible” (2019) avec Jessica Moss, Jean-Michel Pirès, Radwan, Mondkopf et G.W.Sok. As Human Pattern continuent de faire nos clips, et nous avons imaginé ensemble un ciné-concert — inauguré pour le festival du film de Clermont-Ferrand. Cinéma toujours, nous avons également composé plusieurs B.O de long-métrages, notamment TLAMESS / Sortilège (2020) du réalisateur tunisien Ala Eddine Slim.

La suite ? Comme dit si bien notre label : « Yesterday is history, tomorrow is mystery ».

 

 

— Le souvenir —
Par Pierre Georges / Blackthread.

 

Je ne me souviens que de peu de chose, c’était il y a si longtemps. Il me semble que c’était une période assez faste artistiquement parlant : j’enchainais en quelques semaines plusieurs concerts : un solo improvisé, un concert unique en duo, puis celui-ci. Aussi, je terminais les maquettes de ce qui deviendrait mon troisième album.

 

J’ai toujours aimé m’imposer des contraintes. Celle de cette époque était de donner mes concerts à scooter. Tout ce qui ne tenait pas sur le porte-bagages ou dans mon sac à dos restait à la maison : exit la basse électrique. Ce sera un concert entièrement électronique. Oiseaux-Tempête, je connais bien. On se croise depuis longtemps au gré de nos différentes formations. Je fais une apparition sur un de leurs disques, j’ai aussi tenu le micro pour eux le temps de quelques concerts.

 

Je ne me souviens que de peu de chose, c’était il y a si longtemps. Je nourris un rapport étrange avec la scène. Un doux mélange d’amour et de haine. Equilibre précaire, décuplé par le fait d’y être seul. Il faut être joueur. Avoir un certain goût du risque. Comme un éternel pile ou face. Pile l’expérience est grisante, Face…

 

C’est ce qui a de bon dans le fait de jouer à “la maison”, on retrouve certains repères, on se raccroche à certaines personnes. Comme des rochers rassurants. Judicael est au son, JB à la lumière. Pile.

 

Je ne me souviens que de peu de chose, c’était il y a si longtemps. Ce soir là, je suis impatient d’y présenter quelques nouveaux titres. L’occasion est parfaite. L’un construit autour d’un sample de piano de Frédéric (Guitare O-T), chute d’un disque que nous préparions à l’époque et que nous n’avons jamais terminé. Sample que je viens scanner, décomposer, puis détruire, avant de chanter sur ses ruines. L’autre base m’a été fournie par Stéphane (Basse, Fender VI O-T), c’est une boucle de guitare. Morceau qui m’est cher puisque j’ai ébauché le texte pendant l’un de ses concerts solo. Morceau qui m’est d’autant plus cher qu’il s’adresse directement à une personne qui était dans la salle… mais qui ne comprend pas l’anglais. Malgré tout… je crois avoir sauté un morceau. Arriver plus vite à la fin. Etre libéré sans attendre. Soirée Face.

 

Deux ans plus tard, “The Way You Haunt My Dreams” verra le jour sur Nahal Recordings, label de Frédéric et Paul (Electronique O-T).

 

 

— Liens & Crédits —

 

🤜 Oiseaux-Tempête
🤜 Blackthread
✏️ Report du concert sur Pelecanus
📷 Photos © Marion Bornaz ; visuel par Alex-B.

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