“ARCHIVE MOI !” Dans les classeurs du Marché Gare 2006-2020

 

Pendant toute l’année 2021, on fouille dans les classeurs de votre salle de concerts préférée. Vous avez envie de nous raconter une anecdote pour “Archive Moi !”, c’est par ici.

 

🎤 Les artistes : Hyperclean, Fake Oddity, Green Olive

 

📌 Date : 17 février 2006.

 

 

— Bio Express —

 

Hyperclean (présentation dans le Petit Bulletin du 22 février 2006)
Une performance scénique mémorable à n’en pas douter, celle d’Hyperclean au Marché Gare. Le jeune combo toulousain jouit en effet d’une réputation démentielle en la matière et a en plus eu le bon goût de sortir un album à l’avenant, il y a quelques mois. Longtemps que l’on n’avait pas pris une telle claque avec un disque qui parle la langue de Molière. Longtemps – depuis le méconnu Arnaud Fleurent-Didier – qu’un météore n’avait surgi de la sorte en mêlant à la perfection sensibilité anglo-saxonne et verbe de chez nous. À l’heure où l’on nous bassine chaque semaine avec la nouvelle sensation rock venue d’Angleterre, voilà peut-être enfin la vraie sensation rock made in France. 

 

Fake Oddity
Le groupe avait eu la chance de jouer 3 semaines plus tôt lors de l’inauguration du Marché Gare. Vous pouvez relire tout ça ici.

 

Green Olive (présentation dans le Petit Bulletin du 03 janvier 2006)
À quoi carburent les Green Olive ? À la nourriture en tubes essentiellement, dont leur disque et leurs concerts euphorisants sont truffés, hymnes rock indélébiles (le désormais classique “Sorrow“) ou pochade qui font pop à l’ouverture (le sémillant “It’s Alright” rappelant l’effet saut du lit du tonique “Wake Up !” des Boo Radleys). Si les Green Olive étaient parisiens, ils flanqueraient des roustes aux petites frappes en bottines de la nouvelle scène Biactol rock (Naast, Second Sex…) dont la hype parisienne est si fière. Faute d’Olive on mange des merles, paraît-il.

 

 

— Le Souvenir —
par Joseph, guitariste de Green Olive

 

15 ans, ça fait beaucoup, mais je garde de loin un super souvenir de cette soirée. Déjà c’était avec nos copains de Fake Oddity. Ensuite c’était une époque chouette pour le groupe : notre premier album venait tout juste de sortir et grâce au coup de pouce Dandelyon, c’était aussi nos premières dates dans des SMAC à Lyon – je ne compte pas Emergenza l’année d’avant hein-. Nous étions parmi les finalistes – je me souviens qu’il fallait pas dire finaliste, mais je me souviens que tout le monde le faisait quand même – de l’édition 2006 avec l’excellente Vale Poher et King Kong Vahiné. C’était le début d’une année trépidante, une année de rencontre aussi où l’on s’est fait plein de copains, qui depuis sont devenus des amis (et ont pris du gras, des rides et des gosses pour certains).

 

Ce soir-là, nous avons joué quasiment tout le disque, j’ai eu des sons parasites dans mon son de guitare tout le long et à l’issue du concert notre ingénieur du son m’avait menacé de balancer mes pédales d’effets dans le Rhône (Bisous Raf) ! Pendant Fake Oddity ça a dû être détente et pintes, je pense que c’était l’époque de leur disque “Runfast” ! Hyperclean ça a été une grosse claque. Gros son de fin 60’s, truffé de claviers analogiques. Le chanteur – Frédéric Jean – avait un incroyable emprise sur le public. Je crois même qu’il a « paralysé » à distance un type qui pensait sortir pisser incognito. J’ai accroché à l’album, avec ce tube très yéyé “Oh ma Chérie”. Par la suite une partie du groupe est devenu Aquaserge, puis Julien Gasc a attaqué en solo.

 

Après tout ça il y a eu la bamboche vers une sorte de rampe (la rampe d’accès entre les loges et la scène ndlr) et une sorte de partie de curling avec les balais brosse de la salle, un copain comme palet et une douche de vin rouge en cubi pour faire glisser.

 

Le groupe a ensuite beaucoup tournée entre 2006 et 2007, un peu partout en France, au Royaume-Uni, en Espagne et même un peu aux États-Unis, avec un passage très chouette aux Nuits de Fourvière dans l’édition de Lyon Rugit la Nuit. Puis tout s’arrêtés fin 2007 et chacun est retourné vers ses études.

 

J’ai sorti deux disques en solo sous le blaze piqué à Elephant Man de Joseph Merrick : “Circus, Circus” en 2009 (avec l’aide de plein de copains, parmi lesquels Sylvain de Dandelyon et quelques-uns des Fake Oddity) et “Fatalitas” que j’ai enregistré à Paris en 2014. Depuis je continue à donner des concerts en solo et j’ai accumulé de quoi enregistrer un disque, que j’espère enregistrer à Lyon avant la St Glinglin. Les autres ont fait de super parcours dans le monde du vin (comme quoi), les avions (comme chez Iron Maiden) et les syndics immobiliers (faut de tout) !

 

 

— Le Souvenir —
par Sylvain (aka Arandel), spectateur

 

Je me souviens que Frédéric Jean d’Hyperclean a fait un show assez dingue, notamment en s’arrêtant de jouer pour interpeller une personne qui passait devant la scène en essayant de se rendre discrètement aux toilettes, en hurlant “rattrapez-là!” (je pense souvent à cette personne qui a vraiment du maudire la géographie si particulière de cette salle).

 

Ce souvenir aussi de ce morceau qu’Hyperclean avait choisi comme fer de lance dans leur lutte pour réhabiliter le slow en France. Et en préambule ils avaient formé des couples en désignant un peu au hasard des spectateurs dans la salle, histoire de lancer le mouvement. Y compris des couples homosexuels, ce qui avait fait un peu ricaner la salle, mais pas tant. Et j’avais trouvé ça vraiment chouette et assez militant l’air de rien.

 

 

— Liens & Crédits —

 

🤜 Hyperclean
🤜 Joseph Merrick / Joseph & the Merricks
📷 Photos : Hyperclean © Audrey Ginestet ; Green Olive © LoLL Willems

 

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