“ARCHIVE MOI !” Dans les classeurs du Marché Gare 2006-2020

 

Pendant toute l’année 2021, on fouille dans les classeurs de votre salle de concerts préférée. Vous avez envie de nous raconter une anecdote pour “Archive Moi !”, c’est par ici.

 

🎤 Les artistes : Fake Oddity, Marcel Bellucci Quartet, Superfudgechunk

 

📌 Date : 1er février 2006.

 

 

— Un peu d’Histoire… —

 

Extrait d’un article paru dans le Progrès le 5 mars 2017 :

 

“Dès les années 20, la Ville de Lyon avait souhaité mettre fin aux problèmes de circulation et de stationnement qui perturbaient le travail des négociants et des acheteurs.
En 1938, la Ville décide donc de procéder à la création d’un marché régional et retient l’emplacement situé aux confins de la presqu’île de Perrache, mais la seconde guerre mondiale interrompt le projet.

 

C’est sous le mandat d’Édouard Herriot que le projet est adopté en 1955. Un an plus tard, des bâtiments fonctionnels sortent de terre sous la direction de l’architecte Louis Weckerlin. En 1961, le marché déménage des quais de Saône pour s’installer sur un terrain de 16 hectares, prenant le nom de marché-gare en raison de sa proximité avec la gare de Perrache et de la desserte ferroviaire dont il jouissait. Avec une moyenne de près de 300 000 tonnes de marchandises par an, le marché de Lyon est resté le premier marché de gros de France jusqu’à la création de celui de Rungis en 1969.”

 

 

Extrait du dossier de presse distribué lors de l’Inauguration (février 2006) :

 

“Dans le corps central du bâtiment d’entrée, anciennement locaux administratifs du site, la Ville de Lyon a réaménagé l’ancienne salle Albert Basset afin de relocaliser la MJC Perrache et d’offrir un nouveau site d’activités culturelles, musicales et de concerts dédié plus particulièrement aux musiques actuelles.

 

Le Marché Gare est un nouveau lieu dédié aux musiques actuelles dont la particularité vient de sa « jauge ». 300 places, une capacité d’accueil unique à Lyon pour cette diffusion musicale. Il s’agit de l’avènement d’un équipement intermédiaire entre le Bistroy (120 places) et le Ninkasi Kao (650 places).

 

La programmation réserve une place importante aux groupes régionaux en voie de professionnalisation. Elle vise notamment à offrir aux artistes émergents une expérience de la scène et du monde « actif » des Musiques Actuelles. Privilégiant un public de 16/30 ans, la programmation s’étend également aux musiques électroniques.”

 

 

 

— Bio Express —

 

Les 3 groupes programmés lors de cette inauguration sont bien connus de la scène lyonnaise de l’époque.

Le groupe pop-rock Fake Oddity a été formé en 2002 par le chanteur stambouliote Faik Şardağ et le guitariste lyonnais Antoine Levallois, vite rejoins par Mathieu Destailleur et Fred Bassier Soutenu notamment par Médiatone et Caravelle, il aura un beau parcours sur les scènes françaises, jusqu’à sa séparation après l’album “French Beauté” en 2012.

 

Super Fudge Chunk est un groupe stéphanois formé par 3 frères au début des années 2000. Le trio sort plusieurs albums ans un style rock/métal et remporte en 2012 le tremplin “Hard Rock Rising” organisé par Hard Rock Café. Après une pause, les frangins continuent de poser leurs amplis sur les scène de la région sous le nom de Novatom.

 

Après plusieurs années de végétation, le projet Marcel Bellucci Quartet met le turbo en 2006 pour se faire un (vrai) nom et devenir sélection régionale au Printemps de Bourges 2006. Il était composé de Yann Coste, batteur de Doppler, Prohom, No One is Innocent et maintenant Fills Monkey, DJ Switch, pilier de la scène drum’n’bass lyonnaise, DIDYDEE, scratcheur de talent et activiste de la scène Hip Hop et Razamike,  MC aussi à l’aise derrière un micro qu’avec une flûte ou un didgeridoo.

 

 

— Le Souvenir —
par Teraïapiti Isabelle dit Teraï, coordinateur-programmateur du Marché Gare de 2006 à 2009

 

1er février 2006, voilà enfin le Marché Gare ouvre ses portes. Quel parcours pour en arriver là !

Il faut remonter à 2001 pour voir le projet Musiques Actuelles de la MJC Perrache prendre un nouvel élan avec Michel Jacques. Objectif : faire de la MJC un acteur incontournable de la scène lyonnaise en étant un maillon essentiel du développement des artistes locaux. Problème : l’ancienne mûrisserie de banane qu’occupait la MJC doit être détruite pour le projet Confluence. C’est avec cet objectif et cette contrainte que la MJC embauche un chargé de développement des musiques actuelles, c’est à dire : moi.

 

A partir de 2002 et jusqu’à son déménagement, la MJC accueille déjà des groupes locaux, nationaux et même internationaux, mais aussi beaucoup d’associations qui gravitent dans le milieu lyonnais. Rentrée 2004, la MJC est relogée temporairement avec un projet encore vague de relocalisation définitive. Fin 2004 un lieu est acté pour la salle de concerts, il s’agit de la salle de conférence du Marché de Gros qui l’emporte sur la salle des ventes près de la Halle aux fleurs.

 

Un programme architectural est fait un peu dans l’urgence, avec pour objectif de rouvrir la salle pour la rentrée 2005. Les travaux prennent un peu de retard car il faut rentrer le programme dans le bâtiment et le budget. Entièrement financée par la Ville, les travaux avancent bon train et fin 2005 on peut annoncer une date d’ouverture ferme et lancer la programmation ainsi que le recrutement de l’équipe.

 

Début 2006 nous sommes 3 permanents ; on n’a pas encore officiellement de régisseur. Le 1er février, on ouvre en grande pompes. Tout le gratin des Musiques actuelles de Lyon et de la région s’est donné rendez-vous, ainsi que toutes les institutions, la Ville en tête. C’est salle comble pour cette première levée de rideau !

 

C’est aussi beaucoup d’émotion et d’espoirs qui naissent avec la salle, pour moi l’aboutissement de 4 années de travail et le début d’une nouvelle aventure. On fêtera jusqu’à pas d’heure cette ouverture pour enchaîner sur notre premier concert le lendemain ou surlendemain.

 

Un souvenir m’a marqué : cette phrase de Jean François Braun (alors directeur du Brise Glace), “Bienvenue au club patron !“. Ça fait quelque chose quand tu sais que 15 ans avant tu voyais ton premier concert de rock dans sa salle a Saint Germain en Laye.

 

 

— Le Souvenir —
par Yann Coste, batteur de Marcel Bellucci Quartet

 

Je me souviens pas forcément de cette soirée mais je me souviens bien du Marché Gare. A l’époque, ça faisait 5 ans qu’on jouait un peu de drum’n’bass au Bistroy, surtout pour boire des coups gratos. En 2006, je venais d’arrêter de jouer avec Prohom, j’avais du temps libre, je me suis dit qu’on allait misé sur Marcel Bellucci Quartet. On a bien fait puisqu’on a fini au Printemps de Bourges.

 

Teraï nous a proposé de jouer, puis de faire une résidence. On a du revenir une paire de fois, j’ai des souvenirs de soirées avec Redbong et Scratch Bandits Crew mais je peux me tromper. Avant 2006, je jouais surtout au Clacson avec Doppler et on avait beaucoup d’attente sur cette nouvelle salle, qui arrivait dans un quartier un peu craignos mais où j’aimais trainer. Je me souviens surtout du long couloir, d’un côté un peu “MJC” puis ensuite d’une programmation qui mélangeait bien des trucs underground avec des artistes plus mainstream.

 

 

— Le Souvenir —
par David, batteur du groupe Super Fudge Chunk

 

Quelle belle époque pour le Rock à Lyon (et ailleurs aussi) ! Une époque d’effervescence musicale. On garde un souvenir nostalgique de 2005 et 2006. On était accompagné par Kao Konnexion et Caravelle Prod et on a joué dans à peu près toutes les salles que Lyon pouvait offrir.

 

On se souvient de notre arrivée au Marché Gare, niché dans cette friche, dans un Perrache qui semble appartenir à un autre temps, bien loin du temple de la consommation que l’on connait aujourd’hui. On se souvient d’une soirée comme seules les inaugurations peuvent les offrir, P’tit four et Rock’n’roll, où l’on pouvait croiser le futur ministre de l’intérieur et toute la faune rock Lyonnaise ! On a eu l’occasion d’y rejouer, notamment en première partie de Wünjo. C’est une belle salle à taille humaine.

 

 

— Le Souvenir —
par Faik, chanteur et guitariste du groupe Fake Oddity

 

On a été super bien accueilli, le son était bon, les lumières aussi, ça envoyait un signal fort pour la suite. Ça nous a donné une énergie de fou, on a passé un super moment sur scène. Je me souviens même que Gérard Collomb était venu nous saluer en nous disant qu’il avait apprécié notre set. Et surtout, il y avait beaucoup de programmateurs dans la salle, ce concert nous a servi de tremplin. On a pu ensuite jouer dans de nombreux salles lyonnaises et en région Rhône-Alpes.

 

Je me souviens du concert de Marcel Bellucci Quartet qui m’a mis une grosse tarte ce soir-là. J’avais été bluffé par le jeu de batterie de Yann Coste, qui jouait devant la scène et de profil ; c’était la première fois que je voyais un groupe dans cette configuration.

 

Je suis revenu plusieurs fois par la suite, avec Fake Oddity, mais aussi pour faire des featurings, avec Prohom ou Stereotypical Working Class et à chaque fois ce sont des super souvenirs. Le Marché Gare gardera toujours une place particulière dans mon cœur. 

 

 

— L’Anecdote —
par Aurélie, bénévole chargée du vestiaire

 

Je me souviens qu’on était plusieurs à gérer le vestiaire mais que personne ne l’avait jamais fait. On nous avait donc donné un carnet à souches avec des tickets numérotés, qu’on a bien sûr distribués consciencieusement aux invité.es de la soirée. En revanche, on n’a pas pensé à ranger leurs affaires personnelles dans l’ordre d’arrivée et forcément, on s’est mélangé les pinceaux. Je me revois encore demander à la femme du Maire de Lyon de me décrire son sac à main parce qu’on arrivait pas à le retrouver. Mais tout est rentré dans l’ordre et les gens semblaient ravis de cette inauguration.

 

 

— Liens & Crédits —

 

🤜 Super Fudge Chunk / Novatom
🤜 MJC Confluence
🤜 Un article de L’Influx sur l’Histoire du Marché de Gros
📷 Photos / Les photos de l’inauguration et de la salle, non créditées, étaient dans un disque dur au Marché Gare, désolé pour la qualité.
En haut à droite
1- Lyon Confluence dans les années 60 © Communauté Urbaine de Lyon
2- Le Marché de Gros par Jean-Marie Refflé © Région Rhône-Alpes
4- Philippe Robert, Président de la Fédération « les MJC en Rhône-Alpes », Patrice Beghain, Adjoint à la Culture Ville de Lyon, Gérard Collomb, Maire de Lyon, Louis Pélaez, Adjoint à la Vie Associative Ville de Lyon et Valérie Dor, Présidente de la MJC Confluence. Manque sur la photo Pierre Bobineau, directeur de la MJC Confluence, mais vous le trouverez un peu plus bas.
5- Teraï en pleine discussion avec les élus. On ne saura jamais s’il parlait de sa nouvelle coupe de cheveux.
6- Super Fudge Chunk © Lol Willems
Dans la galerie
19- L’entrée du public © Marion Bornaz

Galerie de photos