samedi 23 mars
20h30
Marché Gare présente

Si les membres de Cannibale rendaient leur petit-déjeuner au moment de parler de « Not easy to cook », l’auditeur serait bien surpris. Les quadras étant signés chez Born Bad, on penserait Garage et look à la Didier l’Embrouille, mais on se retrouverait avec des bouts d’Exotica coincés entre les dents, le « Jungle Obsession » de Nino Nardini & Roger Roger étalé sur la table et du Glam tropical en bouteille plastique dégueulé par une version encore plus débile que le Mike Myers de Wayne’s World. Le décor est planté, vous êtes bon pour tout nettoyer.

 

Si l’on vous parle de tout ça, c’est qu’entre le début de la success story de Cannibale et ce deuxième album, il y a un monde. Encore un peu et on aurait presque l’impression que Freddie Mercury vient de débarquer en Renault 16 supersport pour jouer du Marimba à d’anciens fans de rock bas du front. Et en fait, c’est à peu près ça : Le Rocky Horror Picture Show et Fela Kuti en bottes de caoutchouc.

 

Et si le nombre de vaches n’a pas augmenté dans le bled de Normandie dont sont issus les gars de Cannibale, pour le nombre de dates par contre, c’est autre chose.  Entre « No Mercy For Love »,  le premier album signé de 2017, et le nouveau « Not easy to cook », les Frogs – c’est le nom de la piste d’ouverture – ne sont pas passés de la cumbia psyché à l’autotune sur gravier, mais ils sont partis sillonner les routes comme des cyclistes dopés.

 

Mais le plus surprenant dans « Not easy to cook », c’est la moiteur qui s’en dégage. Difficile de résumer l’affaire autrement qu’en comparant ces 10 chansons à une cocotte-minute où auraient cuit des bouts de dancehall, de ska londonien et de dub hawaïen décapsulé avec les fesse. C’est là que le disque, enregistré par le groupe dans son village français du bout du monde, réussit un petit miracle : sonner français, mais côté Polynésie française.

 

Sur « Not easy to cook », on entend des grenouilles, des oiseaux, le bruit de la jungle dans un salon. Ceux déjà traumatisés par le vibraphone d’Arthur Lyman et la Lounge music de Les Baxter devraient se sentir chez eux ; les novices découvriront enfin autre chose que les samedis chez Nature et Découverte.

 

Texte : Bester Lang

 

 

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TARIF
10€ abonnés Marché Gare | 12€ en prévente et abonnés Bizarre !, Périscope et Épicerie Moderne | 14€ sur place

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